Comment communiquer quand on démarre son entreprise
Site internet, réseaux sociaux, cartes de visite, logo : dès qu’on lance son activité, la question de la communication arrive vite, et elle peut donner le vertige. On a l’impression que tout est urgent, que tout est indispensable, et que si on ne fait pas comme les autres, on risque de ne pas être pris au sérieux.
Sur le terrain, ce n’est pas ce que j’observe : tout n’est pas utile tout de suite (ou même plus tard d’ailleurs !). Voici les questions qui reviennent le plus souvent chez les entrepreneurs qui démarrent, des réponses concrètes plutôt que des recettes toutes faites, et quelques erreurs que j’ai moi-même commises, pour vous éviter de les reproduire.
Faut-il un site internet dès le départ ?
Un site internet n’est pas obligatoire dès les premiers jours, cela dépend de votre activité et de votre mode de prospection.
Si vos premiers clients viennent essentiellement de votre réseau personnel ou du bouche-à-oreille, vos premières semaines sont plus utiles à consacrer à valider votre offre sur le terrain qu’à construire un site qui n’aura pas encore de visiteurs. En revanche, avant de vous contacter, un prospect qui ne vous connaît pas vérifie souvent votre présence en ligne pour se rassurer sur votre sérieux. La question n’est donc pas de savoir si un site est à la mode, mais si votre cible en a besoin pour vous trouver ou pour vous faire confiance.
J’accompagne régulièrement des entrepreneurs pressés de faire construire un site complet avant même d’avoir clarifié leur offre. Le résultat est souvent le même : un site qui présente plusieurs prestations encore floues, que le visiteur a du mal à comprendre, et qui demande à être entièrement repris quelques mois plus tard une fois le positionnement stabilisé. Une fiche Google à jour ou un profil professionnel bien tenu peuvent largement suffire dans un premier temps, le temps de savoir précisément ce que vous voulez transmettre.
Un exemple concret de cette question, celle de savoir à qui confier la création de son site et à quel moment, ➡️ à retrouver ici.
Je mets à disposition gratuitement des mémos, check-lists et conseils pour vous aider à façonner votre activité.
Télécharger iciFaut-il être présent sur les réseaux sociaux, et à quel rythme publier ?
Être présent sur tous les réseaux sociaux en même temps disperse l’énergie sans garantir de résultats. On y passe un temps fou ! Mieux vaut choisir un ou deux canaux, ceux où se trouve réellement votre cible, et les tenir avec régularité plutôt que d’ouvrir plusieurs comptes que vous finirez par abandonner faute de temps.
Sur la fréquence, la régularité et la pertinence comptent davantage que le volume : quelques publications pertinentes valent largement mieux qu’un rythme quotidien intenable, avec des messages génériques qui n’intéresseront quasi personne.
J’ai moi-même connu la tentation inverse : vouloir être visible partout, tout de suite. J’ai passé des journées entières à peaufiner des publications, à pinailler sur un mot ou une image, en oubliant l’essentiel ; un post a une durée de vie de quarante-huit heures en moyenne.
Chercher la perfection sur chaque publication ne vaut pas le temps que cela demande, et retarde surtout le moment où l’on passe réellement à l’action.
Faut-il une vidéo pour se faire connaître ?
La vidéo est un format parmi d’autres, et n’est pas une condition pour exister aux yeux de vos futurs clients. Elle convient bien à certains entrepreneurs, à l’aise face caméra, et beaucoup moins à d’autres, pour qui l’exercice reste difficile ; et cela se ressent dans le rendu final.
Le format le plus efficace reste celui avec lequel vous êtes réellement à l’aise, qu’il s’agisse d’un texte bien écrit, d’un visuel clair ou d’une vidéo. Reproduire à tout prix un format qui fonctionne pour un autre entrepreneur, sans que cela vous corresponde, donne rarement de bons résultats sur la durée, et se ressent souvent dans le naturel du discours.
Peut-on confier sa communication à l’intelligence artificielle ?
La tentation est grande de déléguer entièrement la rédaction de ses publications ou de son site à une intelligence artificielle, surtout quand on manque de temps ou d’inspiration. Une IA peut effectivement produire du texte rapidement, mais elle ne connaît ni votre cible, ni votre ton, ni ce qui vous distingue réellement. Le contenu produit ressemble souvent à une reformulation de ce qui existe déjà ailleurs.
J’ai testé cette facilité sur une activité où je peinais à trouver de l’inspiration, avec une cible très spécifique. Un jour, je suis tombée sur les mêmes formules et les mêmes accroches chez un concurrent qui utilisait probablement le même outil de la même façon ! C’est à ce moment que j’ai pris conscience du risque de confier une tâche aussi personnelle à un algorithme sans discernement. L’IA peut rester un outil d’appui pour gagner du temps sur certaines tâches, mais le message qui vous représente mérite de rester le vôtre.
Ce que je dis pour la rédaction est tout aussi valable pour les créations graphiques. Le rendu est uniforme, souvent surchargé, pas de hiérarchie pertinente…et franchement, je pense que ce n’est pas vous valoriser que de confier vos pubs à l’IA. Il existe des outils gratuits qui proposent de nombreux modèles pour commencer. Certes, cela prend du temps, mais cela vous permet aussi d’affiner vos messages, et de vous approprier votre « patte graphique ».
Un site ou un profil sans avis clients, est-ce un problème ?
L’absence d’avis ne signifie pas l’absence de sérieux, surtout au démarrage, quand la clientèle est encore réduite. D’autres éléments rassurent tout autant : une présentation claire de votre offre, des mentions légales visibles, des exemples concrets de ce que vous proposez, une photo de vous… (J’arrive à constater qu’il y a quand même un retour à l’authenticité avec ses imperfections.)
Voir des pages de vente avec de multiples avis clients souvent extrêmement positifs, avec des formules toutes faites et bien parfaites, peuvent interroger sur la véracité…mais c’est un autre sujet que je pourrai bientôt évoquer dans un petit billet sur les nouvelles méthodes business (les nouveaux gourous du business comme je les appelle) et qui fleurissent sur les réseaux…
Les avis se construisent avec le temps, et il ne sert à rien de retarder votre lancement en les attendant. Un avis récolté trop tard devient difficile à aller chercher : le demander devient plus naturel s’il est prévu dès le départ, plutôt qu’improvisé après coup. Une fois vos premiers clients satisfaits, une méthode simple pour leur demander un avis au bon moment fait la différence.
Par où commencer concrètement quand on a peu de temps et peu de moyens ?
Avant de choisir des outils ou des canaux, la première étape consiste à savoir expliquer clairement ce que vous faites, pour qui, et ce que cela change pour eux, en une ou deux phrases. Si l’explication prend cinq minutes et plusieurs détours, le message n’est pas encore assez clair pour convaincre, quel que soit le support utilisé ensuite. Une fois ce discours posé et testé à l’oral, quelques éléments simples suffisent pour démarrer : une carte de visite lisible, une adresse mail professionnelle distincte de votre adresse personnelle, et une présence minimale en ligne.
Sur la carte de visite justement, mieux vaut privilégier la simplicité graphique. Lors d’une précédente activité, trop confiante sur la qualité de mon fichier, j’ai fait éditer cinq cents cartes pour me rendre compte, une fois imprimées, que mon numéro de téléphone était presque illisible. Un texte parfaitement lisible à l’écran peut devenir difficile à lire une fois réduit sur un format papier, ce qui vaut la peine d’être vérifié avant toute impression en quantité.
Le reste, logo abouti, charte graphique complète, site plus élaboré, peut se construire une fois votre offre et votre positionnement stabilisés, plutôt que d’être fait dans l’urgence avant même d’avoir testé ce qui fonctionne réellement auprès de vos premiers clients.
Et, c’est mon cheval de bataille, j’invite toujours à se poser la question : l’action ou l’investissement que j’envisage, va-t-il servir à communiquer auprès de ma cible ?
➡️J’ai un exemple concret ici, où le sentiment d’être dépassé par l’ampleur du chantier a pris tout son sens.
Retrouver l’ensemble des idées reçues du démarrage
Ces questions font partie d’un ensemble plus large d’idées reçues qui peuvent freiner les entrepreneurs au démarrage : sur l’administratif, la prospection commerciale et la communication.
Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce tri gratuitement ici : ➡️sur la page ressources du site.
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